Gomez est un jeune cadre politique du Parti Socialiste Uni du Venezuela (Psuv, le parti au pouvoir), élu maire de San Antonio le 10 décembre 2017. Lors de l’élection, il s’est largement imposé (48,64%) aux six candidats qui lui faisait face. Alors que nous pensions réaliser l’interview dans son bureau, nous avons eu la surprise de le voir débarquer dans l’humble hôtel de la ville où nous étions descendus. Assis dans un fauteuil en plastique à la réception, le maire nous apostrophe : « Je suis venu. C’est plus simple ». Dans le petit lobby, deux personnes accompagnent l’édile de San Antonio : un chauffeur qui fait aussi office de garde du corps (ou l’inverse) et une secrétaire. Une escorte qui peut prêter à sourire si l’on prend en compte les enjeux que représente cette ville frontalière pour les nombreux groupes criminels venus de Colombie. 

En perpétuel déplacement afin de résoudre les problèmes de ses concitoyens, William Gomez a bifurqué pour venir répondre à nos questions et tenter d’expliquer la complexité particulière de ce territoire frontalier. 

Dire que les relations entre le Venezuela et la Colombie ne sont pas au beau fixe est un doux euphémisme. Plus que deux pays, ce sont deux modèles politiques, deux conceptions de l’Etat qui se font face. Des zones désertiques de la Guaijira à la jungle de l’Amazonie en passant pas les montagnes andines, la frontière qui sépare les deux pays (2.219 km, presque autant que la totalité des frontières de la France métropolitaine) est aussi longue que sinueuse. 

Dans les Andes, les postes frontaliers sont d’une importance stratégique. Sur ces points de passage se concentrent les échanges commerciaux les plus importants du continent. Habitués à concevoir la frontière comme un territoire commun et non comme une séparation, les populations échangent, vont et viennent, organisent leur mode de vie en fonction des aléas économiques des deux pays. Cette relation semble jouer sur l’équilibre régional transfrontalier.

Néanmoins, aux relations diplomatiques compliquées, s’ajoutent de nombreux problèmes liés à situation tumultueuse que connaît la Colombie depuis un demi-siècle. Narco trafiquants, groupes mafieux, paramilitaires se livrent à un combat permanent pour le contrôle de cette zone frontalière, où abondent les richesses, qu’elle soit issue du commerce légal ou des trafics criminels. 

Pour comprendre la dynamique de cette frontière, et son importance stratégique pour le Venezuela, nous sommes allés interroger William Gomez, maire de la ville frontalière de San Antonio del Táchira, principal poste frontière avec la Colombie. 

 

Pour lire l'interview complète de William Gomez 👉 https://www.romainmigus.info/2019/06/la-dynamique-de-la-frontiere-entre-le.html