Des sénateurs colombiens ont dénoncé mercredi que les troupes américaines qui sont arrivées dans ce pays d'Amérique du Sud début juin sont autorisées à s'associer à des groupes illégaux, sur la base d'un manuel d'opérations des forces spéciales.

Le député du Pôle démocratique, Iván Cepeda, a révélé lors d'un débat en séance plénière du Sénat que les manuels d'opérations actuels des forces spéciales américaines (SFAB) qui sont arrivées en Colombie "mentionnent explicitement la fonction de conseiller pour les milices non gouvernementales et les partenaires irréguliers".

"C'est le scénario que nous voyons se dessiner sous nos yeux avec la complicité perverse de notre gouvernement. Nous pouvons finir comme (...) la Libye : un État détruit qui est devenu un champ pour les compagnies pétrolières multinationales", a ajouté le membre de l’opposition au Congrès.

Cepeda a averti, lors du débat sur le contrôle politique au parlement, que plusieurs de ses collègues iront au tribunal pour "révoquer l'accord avec le gouvernement des États-Unis par lequel le transit et le séjour des troupes étrangères sur le territoire national ont été autorisés ».

Wilson Arias Castillo, également sénateur du Pôle démocratique, a révélé sur son compte Twitter : "Il s'agit du manuel d'opérations des forces spéciales américaines (SFAB) qui sont arrivées en Colombie. Il précise qu'une partie de la mission des SFAB est de renforcer les groupes paramilitaires et de travailler avec eux, non pas qu'ils soient venus pour lutter contre le trafic de drogue »

Le ministre de la défense, Carlos Holmes Trujillo, est intervenu dans le débat, justifiant la présence de la mission militaire américaine en Colombie, dont 53 sont arrivés récemment, en déclarant qu'elle fournira des conseils dans la lutte contre le trafic de drogue.

"La base juridique de cette mission de coopération, de conseil et de formation est liée à des dispositions nationales, à des dispositions de nature multilatérale, mondiale et régionale et à des dispositions de nature binationale", a déclaré le ministre.

Au cours de la discussion, Cepeda a demandé au ministre de la Défense : "(Ces troupes) viennent-elles conseiller l'armée nationale sur les relations à avoir avec les groupes illégaux, avec les "Rastrojos", avec le "Clan du Golfe", avec les bandes criminelles pour combattre d'autres groupes irréguliers, comme les États-Unis l'ont déjà fait sur notre territoire ? C'est tout à fait possible car c’est inscrit dans le manuel que vous n'avez pas lu ou que vous cachez du pays ».

Lors de son discours, le député et ancien candidat à la présidence Gustavo Petro a déclaré : "Qu'est-ce que les États-Unis cherchent en Colombie ? Il est clair qu'ils veulent le pétrole du Venezuela, c'est pourquoi ils déguisent cette action en lutte contre le trafic de drogue, alors que nous avons passé 40 ans sans résultats positifs dans l'élimination du trafic de drogue".

Le sénateur Antonio Sanguino, pour sa part, a souligné que l'arrivée de troupes étrangères viole la Constitution du pays.

 

Source Telesur – Traduction : Romain Migus