Un syndicaliste à la tête du Frente Amplio en Uruguay

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9 février 2022
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Fernando Pereira, l’ancien dirigeant de la centrale unique des travailleurs uruguayens PIT-CNT, a pris la présidence du Frente Amplio (FA) en appelant à reconnecter la coalition de gauche avec le militantisme sur le terrain.

Un mois et demi après avoir remporté les élections internes de la fédération, M. Pereira a officiellement pris ses fonctions lors d’un événement organisé au théâtre El Galpón de Montevideo.

L’ancien dirigeant syndical a présenté son équipe de direction et a assuré que « les votes pour le Oui [au référendum d’inititative citoyenne de mars 2022 visant à déroger une loi antisociale, NdT] ne se feront pas à l’intérieur de nos bureaux, mais à l’extérieur, dans les quartiers, dans la communauté ».

Dans son discours, il a déclaré que « les vents du changement soufflent, car lorsque le néolibéralisme réapparaît, il revient pour concentrer les richesses et oublier les plus pauvres, et le peuple se réveille et change à nouveau ».

« Ce 5 février est le 51e anniversaire de la FA et nous devions être là d’une manière inattendue. Je n’avais pas comme projet de vie d’être président de la FA. Vous savez d’où je viens et je suis fier du PIT-CNT, une organisation que je respecte et admire.

Pereira a affirmé que le 27 mars, la tâche principale est de construire une majorité modestement mais derrière les organisations sociales, les Uruguayens qui ont mené la campagne pour l’abrogation de 135 articles de la loi d’urgence (LUC).

« Le 27 mars, une majorité se dégagera et ce sera une victoire, non pas de la Fédération, mais du peuple uruguayen qui a défendu son droit à déterminer et à définir », a-t-il déclaré.

« Nous trouvons très curieux que l’on dise que l’appel au référendum est un bâton dans la roue, car 800 000 signatures sont, plus qu’un bâton dans la roue, l’exercice de la démocratie directe », a-t-il déclaré.

La LUC reflète les principaux points du programme de la coalition au pouvoir, couvrant des questions aussi diverses que la sécurité publique, l’éducation, l’économie et la santé.

Parmi les points les plus contestés de la loi figurent l’assouplissement du recours à la force policière, la réglementation du droit de grève et la déclaration de l’illégitimité des rassemblements organisés dans des espaces publics ou privés qui « affectent la libre circulation des personnes, des biens ou des services ».

Le dirigeant a également estimé que l’entrée du féminisme dans la FA est « une nécessité politique et éthique ». Pour le nouveau président, la coalition de gauche – qui a gouverné le pays entre 2005 et 2020 – ne peut être dissociée d’un mouvement qui, selon lui, est « probablement » le plus transformateur en Uruguay et en Amérique latine.

 

Source: Telesur – Traduction: Romain Migus