Le président américain, Donald Trump, a de nouveau eu recours à un décret présidentiel et à la déclaration d’une menace pour imposer de nouvelles mesures coercitives illégales contre Cuba, qui subit déjà depuis fin janvier un blocus énergétique décrété selon la même méthode.
Les nouvelles « sanctions », outre le fait qu’elles visent davantage d’entités et de personnes à Cuba, notamment dans des secteurs clés tels que l’énergie, l’exploitation minière et les services financiers, visent toute personne ou entité « étrangère ou américaine » opérant dans des secteurs vitaux pour les recettes en devises de l’île, ce qui démontre une fois de plus le caractère non seulement extraterritorial, mais aussi illégal de la politique américaine.
Selon le décret, toute personne, entreprise ou organisation financière opérant ou faisant des affaires avec des entités cubaines « sanctionnées » verra ses actifs aux États-Unis totalement gelés. Parallèlement, si une banque d’un autre pays facilite une « transaction significative » pour une entité sanctionnée à Cuba, elle s’exposera à la fermeture de ses comptes à Wall Street ou à l’interdiction d’opérer en dollars.
Dans le décret de ce vendredi, qui entre en vigueur immédiatement, Trump réitère la qualification de Cuba comme « menace », déjà utilisée le 29 janvier pour justifier l’imposition de droits de douane aux pays fournissant du pétrole à la nation caribéenne, ce qui a entraîné un blocus énergétique de facto.
Selon le président des USA, « les politiques, pratiques et actions du gouvernement cubain (…) continuent de constituer une menace inhabituelle et extraordinaire, dont l’origine est entièrement ou substantiellement extérieure aux États-Unis, pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis ».
Il ajoute que ces pratiques et actions sont « conçues pour nuire aux États-Unis ».
Trump, qui, au début de son second mandat, avait décrété le réintégrer de Cuba sur la liste des États qui soutiendraient le terrorisme, là encore sans preuves, revient dans ce décret sur des arguments tels que la menace que Cuba ferait peser sur la sécurité nationale des États-Unis, allant jusqu’à évoquer de manière générale, sans plus de détails, du « soutien » de l’île « à des acteurs hostiles, au terrorisme et à l’instabilité régionale qui mettent en danger la sécurité et la politique étrangère américaines ».
Cuba a nié à maintes reprises être une menace pour les États-Unis ou, comme l’affirme Trump pour justifier ses mesures, « abriter des installations étrangères hostiles visant à attaquer et à exploiter des informations sensibles en matière de sécurité nationale provenant des États-Unis » et entretenir des liens étroits avec le terrorisme.
Toutes ces allégations ont été démenties non seulement par La Havane, mais aussi par des organisations internationales, dont l’ONU, et par des gouvernements qui, au contraire, ont constamment mis en garde contre les conséquences humanitaires du blocus américain et son caractère contraire au droit international.
Au regard du droit international et des pratiques du droit international coutumier, les soi-disant « sanctions », qui sont en réalité des mesures coercitives unilatérales et, comme dans le cas de Cuba, extraterritoriales, contreviennent aux principes de la Charte des Nations unies et sont illégales.
Les experts et les organisations internationales soulignent qu’elles affectent la population civile, constituent une punition collective et violent les droits humains des populations touchées ainsi que les principes du droit international humanitaire.
Alors que Trump intensifie sa politique d’étranglement économique, financier, commercial et énergétique contre Cuba, qui s’accompagne également de menaces constantes d’intervention militaire, le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez Parrilla a accusé Washington de « fabriquer des prétextes à l’aide d’arguments faibles et fallacieux ».
Rodríguez Parrilla a déclaré sur X que « ce n’est pas un hasard si ces mesures ont été annoncées le 1er mai, le jour même où des millions de Cubains descendent dans la rue pour dénoncer le blocus américain et le siège énergétique », ajoutant que « tandis que le gouvernement américain réprime son propre peuple dans les rues, il cherche à punir le nôtre ».
Il y a quelques jours, rejetant les arguments et les mesures de l’administration Trump contre l’île, le ministre des Affaires étrangères a souligné que Cuba ne constituait une menace ni pour les États-Unis ni pour aucun autre pays.
« Cuba est un pays pacifique qui n’agresse pas les autres, ne permet pas que son territoire soit utilisé contre d’autres et a un bilan irréprochable en matière de lutte contre le terrorisme, le crime organisé international et la violence », a écrit Rodríguez Parrilla sur ses réseaux sociaux.
Fin 2025, Alena Douhan, rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, a déclaré que les actions unilatérales des États-Unis contre Cuba sont illégitimes et portent atteinte aux droits humains de la population cubaine, en particulier ceux des secteurs les plus vulnérables.
Source: Telesur – Traduction: Romain Migus
