La Police nationale d’Haïti (Pnh) a dispersé, à coups de gaz lacrymogènes un début de mouvement de protestations étudiantes, pour exiger justice pour le professeur Monferrier Dorval, également bâtonnier de l’ordre des avocates et avocats de Port-au-Prince, assassiné de trois balles, dans la soirée du vendredi 28 août 2020, en sa résidence privée, à Pèlerin 5, dans la même zone où habite le président Jovenel Moïse, dans la commune de Pétionville (à l’est de la capitale, Port-au-Prince), a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Munis d’une banderole, sur laquelle est imprimée Lavi tout moun konte (« Toutes les vies comptent »), les étudiantes et étudiants de la Faculté de droit et des sciences économiques (Fdse) de l’Université d’État d’Haïti (Ueh) commençaient à se mobiliser, aux environs de 11:00 am (15:00 gmt), à la rue Oswald Durand.

Des agents de la Pnh ont fait usage de gaz lacrymogènes, pour disperser la foule de protestataires, qui ont répliqué avec des jets de pierres.

Un journaliste, correspondant de la station de radio « Liaison internationale des Haïtiens » (Lih) au Canada, a été blessé par un projectile de gaz lacrymogène.

Un étudiant aurait reçu un projectile de gaz lacrymogène dans le dos, apprend-on.

Mais, un véhicule a été incendié, près de la Faculté de médecine et de pharmacie (Fmp) de l’Ueh.

Présent lors de ce mouvement de protestations étudiantes, le coordonnateur de l’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (Unnoh), Josué Mérilien, considère les actes de violences policières, exercées sur les étudiantes et étudiants de l’Ueh, comme une réaction de panique du régime politique tèt kale au pouvoir.

« Ils ont engagé des assassins pour tuer des gens, parce qu’ils ont paniqué face à la mobilisation générale du peuple. Le pouvoir a envoyé des policiers, accompagnés de bandits, pour tirer en l’air et lancer des gaz lacrymogènes sur les étudiantes et étudiants protestataires ».

Le vendredi 11 septembre 2020, est prévue une autre manifestation, qui sera suivie d’une journée de protestations à travers le pays, le lundi 14 septembre 2020, pour exiger une seule éducation pour toutes et pour tous, annonce le syndicaliste.

Des centaines d’élèves, issus de plusieurs lycées de la capitale ont manifesté, le mercredi 9 septembre 2020, dans les rues de Port-au-Prince, pour exiger la présence des professeurs dans les salles de classes et une éducation de qualité. A l’occasion, ces lycéens ont saccagé le local et cassé des matériels scolaires au Collège Canado haïtien, à Port-au-Prince.

 

Source: AlterPress