Le peuple chilien est enfin débarrassé de la Constitution imposée par la dictature. A une écrasante majorité, plus de 78%, les électeurs viennent d’envoyer à la poubelle, la charte concoctée du temps de Pinochet, « entre  quatre murs », comme le déclarait récemment la députée communiste chilienne, Karol Cariola.  Il aura fallu plus de trente ans, une mobilisation sociale sans précédent, avec au premier rang les jeunes générations et les femmes, pour que s’ouvre la voie de la rédaction d’une nouvelle charte fixant les règles du pays. Comme l’écrivait Pablo Neruda «  vous pouvez couper toutes les fleurs, vous ne pourrez pas empêcher le printemps de venir. »

Les forces conservatrices du pays tentent de récupérer ce résultat avec la volonté de « modérer » le texte en préparation. Rompre avec un passé douloureux, rompre avec la dictature, reste pour les représentants de la finance et de la grande bourgeoisie difficile à accepter. Ils vont y être obligés.

Une nouvelle bataille s’engage pour ne pas laisser à la prétendue «  élite » la charge de rédiger la nouvelle Constitution. La majorité démocratique, progressiste, transformatrice doit pouvoir, comme les urnes viennent de le confirmer, rédiger le nouveau texte constitutionnel.

Le Chili vit une transition historique avec comme perspective une société de droits, de justice, de solidarité.

Après le retour de la démocratie en Bolivie, et la résistance héroïque de Cuba et du Venezuela face aux criminels blocus et actions terroristes, après les avancées démocratiques au Mexique et dans plusieurs autres pays de la région, le Chili vient de tourner la page des heures sombres et s’engage sur la voie de la transformation progressiste.

 

José Fort