Des personnalités, des mouvements sociaux et des organisations du Brésil critiquent l'approbation par le Sénat brésilien, jeudi, d'un projet de loi qui ouvre la voie à la privatisation des entreprises publiques d'eau et d'assainissement.

Les promoteurs de cette initiative libérale (approuvée par 65 voix pour et 13 contre) estiment que cela permettra de mieux servir les 35 millions de Brésiliens qui manquent d'eau potable et les 100 millions dont les eaux usées sont déversées sans traitement.

Dans un message diffusé sur le réseau social Twitter, l'ancien président Luiz Inácio Lula da Silva a déclaré qu'il ne soutenait pas la privatisation de l'eau parce que la santé des gens en dépend.

Il a déclaré que "l'eau traitée est la responsabilité de l'État brésilien" et a demandé : "Quel entrepreneur va faire cela sans faire de profit ? Vont-ils apporter l'eau courante à la favela sans faire de profit ?

Critiquant cette décision, l'ancienne présidente Dilma Rousseff s'est opposée à la transformation de l'eau en une marchandise et a ajouté que les pays riches qui ont privatisé ces services ont ensuite recommencé à les nationaliser, "en raison de l'inefficacité et de l'exclusion des plus pauvres".

Elle a rappelé que l'eau traitée et les eaux usées sont fondamentales pour assurer une vie saine et sûre, et a mis en garde contre l'intention "criminelle et perverse" que cette mesure peut avoir au milieu du Covid-19, alors qu'il a été corroboré que "seul l'État peut garantir la santé de tous".

Elle a également déclaré que la décision du Sénat menace la souveraineté nationale car elle pourrait céder à des intérêts étrangers certaines des plus grandes réserves d'eau potable disponibles dans le monde.

Le Parti des travailleurs (PT) a été la seule organisation politique, représentée au Sénat, à voter contre le projet qui sera maintenant soumis au Président Jair Bolsonaro pour sa signature.

Une campagne contre cette initiative a gagné en importance sur les réseaux sociaux. Ses organisateurs font valoir que les services d'assainissement de base pour l'ensemble de la population ne peuvent être soumis à des intérêts privés, dans lesquels le profit prévaut.

 

Source: Telesur - Traduction: Romain Migus