Ce lundi 31 août, le ministre de la communication et de l'information, Jorge Rodriguez, a annoncé que le président vénézuélien Nicolas Maduro avait gracié, par décret présidentiel plusieurs politiciens condamnés pour sédition ou pour avoir participer à des tentatives de coup d'État. Par ce geste, le président vénézuélien entend renforcer la démocratie dans le pays.

La grâce présidentielle touche 110 citoyens, acteurs politiques de la droite vénézuélienne, et vise à la réconciliation et à l'union nationale en vue des prochaines élections du 6 décembre 2020.

Ainsi, parmi les personnes graciées par le Président, on trouve Freddy Guevara, Mariela Magallanes, Américo De Grazia, Freddy Superlano, Carlos Loano, Jorge Millán, Tomás Guanipa, Luis Stefaneli, Carlos Paparoni, Juan Pablo García, José Simón Calzadilla, Renzo Prieto, Rosario León, Ángel Betacourt, et d'autres leaders de l'opposition liés à des tentatives de coup d'État.

En revanche, aucun des militaires ayant participé à des insurrections armées ou à la récente tentative d'invasion de mai 2020, ne font partie des amnistiés. Les condamnés pour corruption ne font pas non plus parties de cette liste de graciés.

L'action du président vénézuélien doit être comprise, non comme une faiblesse de l'État, mais comme une tentative d'inviter l'opposition à reprendre le chemin constitutionnel et de la démocratie. Cet acte politique, fruit des négociations en cours, ne manquera pas d'écarter un peu plus Juan Guaido et son gang de la vie politique vénézuélienne. Par ailleurs, de nombreux proches de Guaido figurent parmi les amnistiés, dont son ancien directeur de cabinet, Roberto Marrero, accusé d'être le lien entre le Gang de Guaido et le cartel narco-paramilitaire colombien Los Rastrojos. Pour ces personnes, le dilemme est rude. Accepter l'amnistie présidentielle revient à reconnaitre Nicolas Maduro comme président légitime. Dans le cas contraire, libre à eux de rester en prison ou en fuite. Il y a fort à parier qu'aucun amnistié résidant actuellement en centre pénitentiaire ne choisira cette option radicale.  

Le président Maduro coupe aussi l'herbe sous le pied de l'Union Européenne, pour qui cette libération était un préambule nécessaire à la reconnaissance des résultats des prochaines élections.