La Centrale Ouvrière Bolivienne (COB) a lancé aujourd'hui un ultimatum au gouvernement de la présidente Jeanine Áñez pour qu'il promulgue la loi électorale et fixe au 6 septembre la date des élections.

"Añez a encore deux possibilités : approuver immédiatement la loi électorale pour le 6 septembre ou faire face au soulèvement du peuple. Soit vous partez avec des élections nationales démocratiques, soit vous partez avec un bouleversement social, parce que le peuple est fatigué", Orlando Gutiérrez, secrétaire exécutif de la Fédération bolivienne des syndicats des travailleurs des mines (Fstmb).

Pour sa part, le haut dirigeant de la COB, Juan Carlos Huarachi, a demandé aux organisations sociales du pays de "manifester" pour exiger les élections.

De même, Huarachi a déploré qu'"au nom de la pandémie", le gouvernement ait l'intention d'"endetter le pays" par le biais de crédits demandés à des organisations internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI).

La présidente Jeanine Áñez a demandé le report des élections de deux mois de plus que prévu pour éviter la propagation du Covid-19 lors du scrutin après avoir demandé à l'Assemblée le rapport scientifique et épidémiologique qui a servi à fixer la date des élections au 6 septembre.

La présidente de l'Assemblée législative plurinationale, Eva Copa, a répondu dans une lettre à Áñez concernant le rapport scientifique demandé par la dictature afin de fixer la date des élections générales.

Dans la lettre, Copa a déclaré que Jeannine Áñez doit convoquer des élections et critiqué sa gestion, en rappelant les faits corruption, le racisme et les abus de biens publics.

Le mardi 9 juin, la Chambre haute a adopté la loi 691 modifiant la loi 1297 sur le report des élections générales de 2020, qui établit que les élections générales seront organisées dans un délai maximum de 127 jours à partir du 3 mai 2020, c'est-à-dire jusqu'au dimanche 6 septembre de cette année, comme le propose le Tribunal électoral suprême (TSE).

 

Source: Los Tiempos - Traduction: Romain Migus

Notes de 2 Rives: Au plus fort du processus de Coup d´État contre Evo Morales, la COB appelait à la destitution et au procès contre les autorités électorales (dont 4 études indépendantes ont montré désormais la transparence), et demandait au président Morales de "démissionner pour ramener le calme dans le pays". Le rôle des dirigeants de la COB a clairement participé à l'ascension de la dictature de Jeannine Añez. Exiger des élections d'une dictature qui est arrivé au pouvoir par un coup d'État pourrait prêter à sourire si la situation n'était pas aussi tragique.