Les cartels de la drogue mexicains opèrent de plusieurs manières en Équateur. L'une d'entre elles est constitué par les bandes criminelles qui maintiennent le contrôle à l'intérieur des prisons du pays.

L'analyste Fernando Carrión a expliqué que "les cartels de Sinaloa ou de Jalisco Nueva Generación sont des holdings et opèrent de deux manières sur les territoires : l'externalisation et la franchise. Le franchisage implique un modèle qui est reproduit. Si la bande équatorienne Los Choneros est désactivée, seule l'organisation est désactivée, mais pas le cartel de Sinaloa", a-t-il déclaré à Radio La Calle.

M. Carrión a indiqué que cette insertion du réseau criminel mondial devient significative depuis le tremblement de terre de 2016, en particulier dans les provinces d'Esmeraldas et de Manabí.

"Le cartel de la Sinaloa agit dans 51 pays, compte 3 800 entreprises légales qui gèrent des avions ou des entreprise de pêche. Il peut agir avec la société ou par le biais de groupes criminels dans chaque pays ainsi que corrompre certains fonctionnaires dans le secteur public comme dans le cas de Telmo Castro", a-t-il déclaré.

Le système pénitentiaire

Selon Carrión, il existe certains facteurs de perte de contrôle de l'État dans les prisons.

"L'approbation du COIP [loi qui régit le système pénitenciaire, NdT] a été faite avec un populisme pénal où tous les chemins mènent à la prison. Il y a aussi la détention préventive et l'augmentation du nombre de détenus, qui a triplé", a-t-il déclaré.

Egalement l'infrastructure des prisons et la disparition du ministère de la justice, de l'intérieur et de la politique [sous le gouvernement de Moreno, NdT]. "Cela signifie qu'à un certain moment, le poids est allé à la politique et la sécurité des citoyens a été laissée de côté. Maintenant, avec un policier à la retraite au ministère, la politique a été laissée de côté".

"L'État doit reprendre le contrôle et la politique des prisons. Nous devons construire un système de renseignement qui dispose de beaucoup d'expertise", a-t-il déclaré.

 

Source: Radio La Calle - Traduction: Romain Migus