Le président colombien Ivan Duque a annoncé dimanche le retrait du projet de réforme fiscale soumis au Congrès, qui a déclenché les protestations sociales et les troubles des quatre derniers jours dans le pays.

"Je demande au Congrès de la République de retirer le projet déposé par le ministère des Finances et de traiter de toute urgence un nouveau projet issu d'un consensus et d'éviter ainsi l'incertitude financière", a déclaré M. Duque dans une déclaration à la Casa de Nariño, le siège du gouvernement.

Dans son discours, le président n'a fait aucune référence aux cinq jours de manifestations dans plusieurs villes de Colombie ni aux actes de répression contre les manifestants au cours des derniers jours de mobilisations, qui ont coûté la vie à une vingtaine de personnes.

Les forces de sécurité, en particulier l'escadron mobile anti-émeute (Esmad), ont mené une réponse violente aux manifestations, avec un bilan de 208 blessés, dont 18 blessés aux yeux.

Selon les organisations de défense des droits de l'homme, des cas de violences sexuelles ont également été signalés aux mains des membres de l'Esmad.

Il a également été fait état de 503 détentions arbitraires entre le 28 avril et le 1er mai, et de 42 abus et agressions à l'encontre de défenseurs des droits de l'homme et de reporters indépendants.

Le sénateur Gustavo Petro a tenu le président Duque pour responsable des morts de la police et de la répression militaire contre les manifestants de la grève nationale contre la réforme fiscale.

M. Petro a partagé sur son compte Twitter une vidéo dans laquelle on peut entendre une mère hurler sur la mort de son fils lors d'une interview avec un défenseur des droits de l'homme.

"Duque, vous êtes responsable de ce meurtre. Pensez-vous que c'est ainsi que vous gardez le calme chez les investisseurs et les agences de notation ? Vous avez tort. Ce n'est pas en militarisant les villes et en déchaînant la mort que vous allez réactiver le commerce. Écoutez le cri de cette mère", a écrit le sénateur colombien.

Le gouvernement de Duque avait proposé une réforme fiscale visant à récolter 24 000 milliards de pesos (6,4 milliards de dollars) avec des mesures qui affectent l'économie des Colombiens.

Parmi les mesures les plus controversées et critiquées par les manifestants figurent : l'imposition d'une TVA de 19% sur les services publics de la quatrième strate, l'imposition des services funéraires, l'autorisation donnée aux autorités municipales de mettre en place des péages dans les capitales et l'augmentation à 43% du pourcentage de produits du panier familial de base soumis à la TVA.

 

Source: Telesur - Traduction: Romain Migus