L'Organisation internationale de police criminelle (Interpol) a rejeté jeudi une demande d'arrestation faite par le gouvernement de facto contre l'ancien président bolivien Evo Morales, considérant que les crimes de sédition et de terrorisme contre le leader du Mouvement vers le socialisme (MAS) ont une connotation politique.

L'information a été confirmée par le procureur général de Bolivie, Juan Lanchipa, lors d'une conférence de presse, au cours de laquelle il a annoncé qu'Interpol n'activerait pas l'alerte rouge permettant l'arrestation et l'extradition de l'ancien président.

"Lorsque la figure de la sédition est incorporée, comme dans ce cas, Interpol interprète que le crime est considéré comme politique, et nous a fait savoir qu'ils ne pourront pas procéder à l'arrestation tant que la classification de ce crime ne sera pas levée", a expliqué le procureur.

L'accusation émise par le gouvernement de facto cherche à lier l'ancien chef d'État aux crimes de terrorisme, de financement du terrorisme et de sédition, pour avoir prétendument planifié le blocus des villes par le biais de mobilisations populaires.

L'accusation est basée sur une vidéo qui accuse Morales d'avoir incité au blocus des villes en Bolivie, ce que des organisations comme Human Rights Watch (HRW) ont écarté comme preuve insuffisante de la gravité des crimes reprochés.

C'est la deuxième fois que l'organisation internationale rejette la demande des autorités boliviennes d'arrêter l'ancien président Evo Morales, réfugié en Argentine depuis décembre 2019.

En novembre 2019, le ministère bolivien du gouvernement (Intérieur) a déposé une autre plainte contre M. Morales, peu après l'entrée en fonction de Jeanine Áñez comme présidente de facto. À l'époque, l'ancien président était au Mexique.

 

Source: Telesur - Traduction: Romain Migus