Il y a quelques jours, les députés chilienS ont voté la possibilité pour les citoyens de disposer de l'épargne forcée de 10% (+1,5% pour frais de gestion) dans les fonds de pension. Le système de retraites chilien est par capitalisation individuelle. Chaque mois, de manière obligatoire, près de 12% du salaire des travailleurs est ponctionné par des fonds de pension privés. Cette "épargne" n'était pas retirable. A la fin de leurs 40 ans de cotisations, 72% des travailleurs gagne moins ou égal au salaire minimum après avoir cotisé 12% de leurs salaires durant des décennies. Ce système, pensé sous Pinochet et qui sert de modèle au niveau mondial, permet aux fonds de pension de s'enrichir au dépend des travailleurs, et aux grandes entreprises chiliennes de se financer. La possibilité de retirer les sommes déposées est une fissure dans ce système rejeté par 84% des chiliens. Le président néolibéral, Sebastian Piñera et l'élite patronale, ont immédiatement critiqué le vote des députés. Le chef de l'exécutif a alors imaginé des subterfuges pour empêcher la mesure législative tout en ne se mettant pas la classe moyenne à dos. C'est ce que dénonce désormais le peuple chilien. Note des 2 Rives

Plusieurs organisations sociales et politiques chiliennes ont appelé mardi à un grand concert de casseroles pour rejeter les mesures annoncées par le président Sebastián Piñera sur "l'aide économique" pour la classe moyenne du pays, au milieu de la discussion à la Chambre des députés sur le retrait de 10 % de l'épargne des personnes affiliées aux administrateurs de fonds de pension (AFP).

Par le biais des réseaux sociaux, l'appel a été lancé pour participer à l'activité prévue à 21 heures ce mercredi 15 juillet. Cette initiative fait suite au rapport du président sur le "Plan renforcé pour la protection de la classe moyenne", qui propose des bonus et des prêts "de solidarité" aux travailleurs touchés par la pandémie.

Cependant, par le biais des réseaux sociaux, plusieurs utilisateurs ont remis en question cette annonce, considérant qu'il s'agit d'une tentative d'influencer le vote sur le retrait de 10 % de l'épargne des AFP, une initiative qui a été rejetée par le gouvernement chilien.

La députée Camila Vallejo a exhorté la population à participer à la protestation : "combien de voix seront retournées avec l'offre en petits caractères du président Sebastián Piñera ? La population a déjà commencé à réagir avec indignation à son annonce".

Lors d'une conférence de presse au palais de La Moneda, siège du pouvoir exécutif, M. Piñera a annoncé les détails du plan, qui se concentre sur les travailleurs qui, avant la pandémie, avaient des revenus officiels de plus de 500 000 pesos (environ 635 dollars), et qui présentent une baisse de revenus de plus de 30 %.

L'annonce prévoit notamment une subvention pour les loyers, le logement et les cotisations, ainsi qu'un nouveau terme pour le financement des frais du Crédito con Aval del Estado (CAE), dans le secteur de l'éducation.

"L'annonce du président Piñera est clairement une mesure désespérée pour arrêter le retrait de 10 % des AFP. Ils continuent à montrer leur totale déconnexion avec la réalité sociale de notre pays", a déclaré le maire de Recoleta, Daniel Jadue.

Le sénateur Alejandro Guillier a déclaré que les mesures sont pleines de sous entendus.

"La nouvelle annonce du plan de protection des classes moyennes de Sebastián Piñera est pleine de sous entendus. Je réitère mon vote en faveur du projet de loi visant à retirer 10 % des fonds de pension lorsqu'il arrivera au Sénat. Espérons que la progressivité ne se perdra pas en cours de route", a-t-il ajouté.

Les mesures de Piñera interviennent au milieu de la situation générée par le Covid-19 dans le pays et le rejet de certains secteurs de la population face à la réponse donnée par le gouvernement.

Selon les autorités sanitaires, depuis le début du virus, un total de 319 493 cas de Covid-19 ont été enregistrés et 7 069 décès ont été constatés.

 

Source: Telesur - Traduction Romain Migus