Le prétendu rapport de l'Université Johns Hopkins et de Human Rights Wacht (HRW), n'existe pas. Il ne s'agit que d'un résumé des rapports répétés de l'ONG que José Miguel Vivanco dirige pour les Amériques, qui a été présenté lors d'une conférence de presse virtuelle à laquelle a participé le docteur Kathleen Page. Elle a déclaré que "sans avoir les données sous la main", elle estime qu'il y a 30 000 décès au Venezuela par covid-19, "et que les Vénézuéliens vont beaucoup souffrir.

Durant son intervention, Vivanco en a profité pour dire que Nicolás Maduro est un dictateur.

 

Kathleen Page est, en fait, membre du Centre pour la santé publique et les droits de l'homme de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, une sorte de fondation financée par le milliardaire Michael Bloomberg, ancien maire républicain de New York et ancien pré-candidat démocrate à la présidence, qui a consacré, en février dernier, une déclaration de soutien à Juan Guaidó dans laquelle il a dit: "Sachez que lorsque le gouvernement Maduro tombera, nous soutiendrons vos efforts pour reconstruire un Venezuela libre, prospère et démocratique".

Mais il n'y a pas de rapport de l'université, pas même du centre auquel elle appartient. Sur la page web du centre, il n'y a que l'invitation à la conférence de presse à laquelle elle participait.

Les seules informations connues sur le Venezuela et covid-19 par l'Université Johns Hopkins sont les statistiques qu'elle donne en temps réel sur tous les pays, qui peuvent être consultées ici, où l'on retrouve les mêmes informations que celles offertes par l'État vénézuélien.

Page, comme elle l'a commenté lors de la conférence de presse, travaille avec HRW depuis plus d'un an. C'est ce même médecin qui est intervenu devant le Conseil de sécurité de l'ONU le 10 avril dernier pour demander qu'une urgence sanitaire soit déclarée au Venezuela, toujours aux côtés de Vivanco. Et elle écrit également des articles à quatre mains avec Tamara Taraciuk, la personne que Vivanco emploie exclusivement pour parler du Venezuela. Dès le 25 mars, elles écrivaient un article pour le journal chilien La Tercera, critiquant le gouvernement vénézuélien dans ses actions contre le coronavirus.

Le compte Twitter de Page, @DrKathleenPage1, n'a eu que 6 tweets dans son histoire, et 5 d'entre eux sont consacrés à la lutte contre le gouvernement vénézuélien.

C'est dans ce contexte que Vivanco et Page sont arrivés à la conférence de presse il y a trois jours pour parler du Venezuela. Mme Page a déclaré qu'elle avait basé son évaluation sur des sondages effectués dans des hôpitaux vénézuéliens et sur des conversations téléphoniques avec des médecins où elle a souligné un problème d’approvisionnement en eau. Vers la fin de la conférence de presse, elle a avancé le chiffre de 30 000 morts, "en étant prudente", a-t-elle déclaré. Ce chiffre a été rapporté par l'agence de presse France Presse, entre autres, et de là à des dizaines de médias, comme le magazine colombien Semana, sur la base du câble de l'AFP : "Le Venezuela ment sur les morts du Covid-19, disent HRW et Johns Hopkins".

Page a été si imprudente que, croyez-le ou non, le rapport de HRW qu'ils ont présenté n'inclut pas leur estimation des 30 000 morts, même s'ils soulignent, à partir de rapports tendancieux de HRW, que "le chiffre réel est sûrement beaucoup plus élevé en raison de la rareté des preuves fiables.

La fausse donnée, bien qu'elle ait été publiée dans de nombreux médias, notamment en Amérique, a été très peu diffusée dans les médias d'opposition vénézuéliens, qui préfèrent spéculer sur d’autres choses.  L'AFP, qui dispose d'un service de vérification des données et des "contenus suspects", @AfpFactual, aurait pu se l’appliquer à lui-même avant de lancer la fake news.

 

Source: Ultimas Noticias - Traduction: Romain Migus