L'Union centrale de l'Uruguay, l’Intersindical de Trabajadores - Convención Nacional de Trabajadores (PIT-CNT), a appelé à une grève générale ce jeudi 4 juin de 9 à 14h en rejet de la loi d'urgence (LUC) promue par le gouvernement de Luis Lacalle Pou.

L'esprit de la loi réaffirme le système néolibéral, affectant l'économie de l'État et la population en général. Elle promeut également des limitations au droit légitime de grève et de manifestation, et restreint la possibilité d'occupation, qui est une extension du droit de grève.

Dans le domaine des forces répressives, elle promeut une modification de la procédure policière, en lui accordant ce qui est défini comme une "défense légitime" sans conséquences pénales.

Quant aux entreprises publiques, elle favorise la démonopolisation de l'ANCAP (carburant et énergie), générant un business pour certaines entreprises privées et mettant en danger la source de travail de ses travailleurs. Elle prévoit également une réforme budgétaire dans le domaine de l'éducation.

Quant au système financier, la loi supprime les opérations bancaires obligatoires, non pas pour éviter la négociation des grandes banques, mais dans le seul but de rendre moins transparents les opérations bancaires et tous les autres types de transactions.

Plus de 500 articles sont présentés sous l'idée d'"urgence" sans expliquer l'urgence de ces mesures néolibérales et au milieu de la crise majeure du coronavirus qui devrait concentrer les efforts dans les domaines sanitaire, économique et social.

La mesure de force consistera en une grève générale partielle de 9h à 13h dans l'aire métropolitaine, dans laquelle chaque plénière départementale définit la modalité à adopter dans chaque espace du territoire national. La mobilisation étant rendue publique, elle se fera en personne et les affiliés sont également invités à y participer par le biais de réseaux sociaux et de différentes plateformes de manière virtuelle.

L'action des syndicats vise à prendre la défense du secteur de la santé, du travail ainsi que d'un revenu temporaire pour atténuer les effets de Covid-19, selon le secrétaire général du syndicat, Marcelo Abdala, dans un communiqué.

Abadala a déclaré à différents médias que l'Organisation internationale du travail (OIT) remettait en question la façon dont cette loi "outrepasse le droit de grève des travailleurs", dans une déclaration "absolument claire en ce sens" : "Je crois que tout le peuple uruguayen doit être prêt à défendre la démocratie car ces procédures (...) ne permettent pas un débat public intelligent, élevé et fondé", a-t-il exigé.

Enfin, il a également annoncé que le Pit-Cant mènera une "action de mobilisation" le 27 juin, date anniversaire du coup d'État, sans toutefois anticiper les caractéristiques particulières qui seront définies dans les prochains jours. Le Frente Amplio et les organisations sociales ont également déclaré que le projet restreint le droit de grève, limite les négociations collectives, "criminalise la protestation sociale" et permet les abus de la part des forces de police.

 

Source : Resumen Latinoamericano, La Izquierda Diario – Traduction: Romain Migus