Le Conseil national électoral équatorien (CNE) a exigé la "suspension immédiate" de tous les spots électoraux mettant en scène l'ancien président Rafael Correa, qui avait déjà été écarté des élections du 7 février en raison d'une décision rendue contre lui pour corruption. La décision est basée sur un rapport technique dans lequel les autorités électorales de la province de Pichincha ont déclaré que les spots de la coalition Union pour l'espoir (UNES) ne respectaient pas une disposition constitutionnelle qui "interdit aux citoyens qui ont une sentence exécutée de participer à la politique". Andrés Arauz, le candidat présidentiel du correisme, a parlé d'un cas de "censure ouverte" et a expliqué que la décision était "inconstitutionnelle, illégale et en violation des règles sur la promotion électorale".

Lors d'une conférence de presse depuis Quito, Arauz a mis en garde "au niveau planétaire contre une nouvelle violation des droits de participation politique et de liberté d'expression des forces qui composent l'UNES". Après une série de critiques concernant la diffusion d'un spot électoral dans lequel l'ancien président Rafael Correa apparaît en appelant la population à voter pour la liste dirigée par l'économiste Andrés Arauz et le journaliste Carlos Rabascall, la direction provinciale des élections de Pichincha, l'entité qui a autorisé la diffusion de l'annonce, a décidé de faire marche arrière.

Le rapport litigieux cite l'article 64 de la Constitution équatorienne, qui prévoit la suspension des droits politiques des personnes condamnées par les tribunaux. Il rappelle également l'article 61 de la Constitution, qui stipule que les personnes sanctionnées par le pouvoir judiciaire ne peuvent pas participer à des affaires d'intérêt public, ni former des partis ou des mouvements politiques, ni adhérer ou participer aux décisions prises par ceux-ci.

Cependant, Arauz a expliqué ce mercredi que dans les règlements de promotion électorale émis par le CNE "il y a seulement une interdiction d'utiliser des images d'enfants et d'adolescents, mais pas d'interdiction de montrer l'image d'un leader politique". Il a déclaré qu'au regard des articles 19 et 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la décision est "clairement une violation". Pour cette raison, il a expliqué au nom du parti que "les actions correspondantes seront présentées en termes juridiques tant au niveau de l'individu Rafael Correa à travers les organismes internationaux, qu'au niveau interne devant la plénière du CNE".

Les élections présidentielles qui se tiendront le 7 février 2021 en Équateur, au cours desquelles sera élu le remplaçant de l'actuel président Lenín Moreno, ont été marquées par une campagne d'inscription des candidats, marquée par la controverse, notamment avec l'alliance UNES. Après plusieurs complications, l'espace a finalement pu lancer la formule présidentielle avec Rafael Correa, qui a ensuite été également rejetée par le CNE. "Nous avons maintenant assisté à une nouvelle attaque contre nos droits de participation et nous espérons que le CNE prendra conscience d'une mesure absurde qui affecte la démocratie", a déclaré l'espoir du progressisme en Équateur.

 

Source: Pagina 12 - Traduction: Romain Migus