Le président argentin, Alberto Fernandez, a confirmé la nationalisation du groupe agro-exportateur Vicentin, afin de sauver l'entreprise de la faillite, pour continuer à garantir la production alimentaire dans le pays, et de maintenir les emplois.

Lors de son discours, le chef de l'État a annoncé qu'une loi sur l'expropriation sera déposée au Congrès national, "deux des actifs du groupe feront partie d'un fonds fiduciaire qui sera géré par YPF Agro. Gabriel Delgado, un économiste qui travaille actuellement à l'Institut national de technologie agricole, sera chargé de l'intervention", a ajouté M. Fernández.

"C'est le sauvetage d'une entreprise de taille sur le marché agricole. J'informe les travailleurs qu'ils peuvent être rassurés, ils garderont tous leur emploi", a déclaré le président Fernández.

Créée en 1957, cette entreprise d'agro-exportation, dont les sièges sont à Santa Fe de Avellaneda et à San Lorenzo, transforme des céréales et exporte des farines et des huiles. Elle est le plus grand producteur de biodiesel en Argentine et possède des bureaux au Paraguay, en Uruguay et au Brésil.

Malgré sa position sur le marché, fin 2019, les dirigeants de l'entreprise, Gustavo Nardelli et Alberto Padoan, ont déclaré leur défaillance en faisant allusion au fait qu'ils n'avaient aucun moyen de répondre à leurs obligations de prêt.

Le groupe d'entreprises a une dette de 1,35 milliard de dollars, dont 1 milliard est dû aux banques et 350 millions au secteur agricole.

Après l'annonce du président Fernandez, plusieurs secteurs politiques se sont prononcés en faveur de cette mesure, en tenant compte du fait que la production doit être sauvée et qu'aucun travailleur ne doit être licencié.

"L'expropriation de Vicentín signifie prendre soin des travailleurs, sauver les petits producteurs, gouverner pour la souveraineté alimentaire et comprendre que les temps nouveaux ont besoin que YPF travaille sur autre chose que le pétrole", a déclaré la députée Gabriela Cerrutti.

Entre-temps, la sénatrice María de los Ángeles Sacnun a signalé que les habitants de Santa Fe sont ceux qui reconnaissent le plus la décision du président : "Les habitants de Santa Fe reçoivent avec une profonde satisfaction cette intervention de Vicentin pour une période qui évitera la vidange de l'entreprise dans le cadre de l'assemblée des créanciers", a-t-elle ajouté.

"Cette décision présidentielle est pour le bien de tous, et nous, les travailleurs, serons là pour accompagner et collaborer afin que l'entreprise ne tombe pas", a déclaré le secrétaire général du syndicat des travailleurs de l'huile d'olive du département de San Lorenzo, Pablo Reguera.

Action au milieu d'une pandémie

Le président argentin a exprimé l'importance de sauver l'entreprise en pleine pandémie de Covid-19, où le travail et la nourriture doivent être garantis dans toute la nation sud-américaine.

"Il s'agit d'une opération de sauvetage pour une entreprise qui est en procédure d'insolvabilité préventive, qui lui permettra de poursuivre ses activités, de rassurer ses travailleurs et de garantir à quelque 3 000 producteurs qu'ils auront quelqu'un à qui continuer à vendre leur production", a déclaré le président.

Avec cette décision, le chef de l'Etat a réitéré que le gouvernement continuera à garantir le droit d'accès à la nourriture en dépit de la mise en place de la quarantaine, "l'économie peut se rétablir, pas une vie", a-t-il ajouté.

"Les Argentins doivent être très heureux car nous faisons un pas vers la souveraineté alimentaire (...) un monde post-pandémique qui mettra l'alimentation au centre des discussions", a déclaré M. Fernández.

 

Source: Telesur – Traduction: Romain Migus